5e dimanche de Pâques. A
Les questions de Thomas et Philippe : les nôtres…
La scène évangélique de ce dimanche est vivante ; elle est dynamisée par les questions des deux disciples Thomas et Philippe. Ils suivent Jésus mais quel est le chemin ? Et ce chemin, où va-t-il ? Où conduit-il ?
En les entendant, nous sentons combien leurs questions sont nôtres. Nous sentons combien elles sont dans notre propre cœur, comme si elles étaient faites pour nous.
" Montre-nous le chemin " et " montre-nous le Père ".
Quel est notre chemin comme chrétiens ou plus simplement comme humains ? Est-ce qu’il y a finalement un chemin ? Quelle est la Voie ? Tant de voies se présentent devant nous, tant d’itinéraires, de propositions…On ne sait plus par où aller ? Faut-il essayer ailleurs ?
D’autre part : où allons-nous ? Où cela nous mène-t-il ?
A cette double question, Jésus donne réponse aux disciples. Elle tient en peu de mots : " je suis la Voie " et " Je suis dans le Père et le Père est en moi ".
Je suis la Voie…A première vue, quelle prétention ! Quelle mégalomanie ! Et quel rétrécissement !
Que veut-il dire ?
Mais Jésus ne dit pas : " si vous voulez venir au Père, vous devez passer par moi ". Il ne pose ni contrainte ni exclusion. C’est dire que le passage à Dieu est possible pour tous, par le Christ. Mais ce Christ ne s’identifie ni ne se confond avec ce que nous pourrions en connaître et maîtriser. Le Christ est toujours plus grand et ne nous appartient pas et l’Esprit souffle où il veut.
Jésus dit aussi, et c’est sa réponse à Philippe : " Je suis dans le Père et le Père est en moi "
Il révèle comment est Dieu, ce qu’il est ; il le fait connaître, il est sa parole, son verbe…La vie et la mort de Jésus manifestent le visage de Dieu. S’il y a des représentations fort multiples de Dieu, il s’agit de toujours revenir à ce que nous pouvons en lire sur le visage de Jésus.
Il ne prend pas la place du Père. Pas de confusion ou de fusion. Il laisse le Père être le Père. Lui accepte de se recevoir du Père, de recevoir sa vie du Père, filialement. Ce n’est pas une dépendance infantile, une soumission mais une écoute.
Les deux premières lectures viennent nous dire comment tout cela ne " reste pas en l’air ".
D’un côté, il s’agit de mettre dans sa vie une pierre d’angle, de construire sa vie comme l’homme qui bâtit sa maison sur le roc.
D’autre part (c’est la première lecture), il s’agit de construire des communautés de vie. Dans le monde d’aujourd’hui, il est plus que nécessaire de recréer des liens, des solidarités. Inventer un vivre en commun chrétien qui se ressource dans la Parole de Dieu et dans la fraternité. Les Actes des apôtres expriment très bien que l’on ne peut détacher l’une de l’autre. Ce sont les deux poumons de la vitalité chrétienne.
Fr. Hubert