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Frères et sœurs, nous venons de joindre nos voix à celles de l’ange et de la troupe céleste innombrable pour louer Dieu. Ne sommes-nous pas aussi comme les bergers de ce temps-là ? Beaucoup de gens autour de nous sont saisis de crainte à cause des incertitudes et de la précarité sur le plan social, économique, politique, climatique… Sans parler de ceux qui sont jetés sur les routes de Palestine et du monde par la volonté de puissance et l’orgueil des gouvernants, comme Marie et Joseph au temps de l’empereur Auguste.

Voici pourtant la grande lumière de Noël, la Bonne Nouvelle.

En quoi est-ce une bonne nouvelle la naissance de cet enfant ?

N’est-ce pas d’abord sa nouveauté ?

Un enfant bouscule toujours ses parents par son arrivée. Et en même temps il est source d’espoir. Que va-t-il devenir ? Que va-t-il apporter de neuf ? Il oblige à bouger, il secoue les lassitudes, il réveille l’attention et l’énergie de ceux qui l’entourent. Il ouvre un avenir…

Un enfant nous est né, et l’autre bonne nouvelle est que celui-ci nous dit la proximité de Dieu.

La parole de Dieu a pris corps dans une vie humaine. Nous n’avons plus à chercher Dieu dans les nuages. Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles vers Jésus, et vers les humains auxquels il s’est identifié.

Un enfant nous est né dans la fragilité, et cela aussi est bonne nouvelle. « Un nouveau-né couché dans une mangeoire » : quoi de plus faible et fragile que cette vie totalement dépendante ? Pas besoin d’être fort pour ressembler à Dieu et pour aller vers Lui ! Reconnaître que je dépends de l’Autre et lui faire confiance : n’est-ce pas cela la foi et l’espérance, « la bienheureuse espérance » comme l’écrit saint Paul…

Enfin, ce que cette naissance apporte encore de neuf, c’est la dignité de tout être humain, quel qu’il soit : la dignité de tous et de chacun, même si cette dignité se trouve foulée aux pieds par trop de dirigeants actuels. Même si cette dignité a été proclamée solennellement il y a 70 ans par l’ONU, même si je pense que cette Déclaration Universelle des Droits Humains a été inspirée en bonne partie par la tradition chrétienne, il reste énormément à dire et à faire : la nouvelle de la naissance de Dieu chez les humains n’a pas fini de nous mettre en mouvement.

Croire en la dignité du plus petit et du plus abandonné, voir en lui un enfant de Dieu, c’est une piqûre de foi et d’espérance qui nous propulse en avant et qui change notre regard sur les autres et sur nous-mêmes.

Au bout du chemin, qui peut être long mais dont le but nous est montré dès le départ, « je donnerai de la manne cachée » dit un autre ange, celui du livre de l’Apocalypse, dans le passage qui nous a été proposé au début de cette veillée : « je donnerai aussi un caillou blanc sur lequel est inscrit un nom nouveau ». Nous pouvons décrypter comme en filigrane que cette manne soit la nourriture de l’eucharistie et le nom nouveau celui de notre inscription dans la communauté des baptisés.

En accueillant ce rappel du baptême et le don de l’eucharistie, prenons conscience de notre dignité dans la fragilité, et redisons notre foi et notre espérance en tout être humain, appelé à devenir ce qu’il est vraiment : un enfant de Dieu.

Abbé René Rouschop

Lectures de la messe :
Is 62, 1-5
Ps 88 (89), 4-5, 16-17, 27.29
Ac 13, 16-17.22-25
Mt 1, 1-25

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