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 » Le berger doit être imprégné de l’odeur de ses brebis. »

Cette phrase du pape François revient régulièrement dans ses discours et ses interventions. C’est une image à laquelle il attache de l’importance. Elle veut dire en somme qu’un pasteur doit être proche des gens, de tous les gens. Pas seulement de ceux qui sentent bon, qui ont bonne réputation, qui sont riches, brillants, mais proche de tous les gens. Autrement dit, un pasteur ne doit pas guider son troupeau de loin, de son balcon, de son bureau, de son écran à distance sans rencontrer les personnes. Il doit se mêler au quotidien de la vie des gens dans ce qui fait leur vie, leurs misères et leurs joies.

Si un pasteur chrétien doit agir ainsi, c’est parce que Dieu lui-même a agi de la sorte dans le mystère de l’Incarnation, par la nativité du Christ. Irénée disait :  » Le Christ a rattaché et uni l’homme à Dieu… en se faisant chair… il est passé par tous les âges de la vie, rendant par là à tous les hommes la communion avec Dieu. » En se faisant tout proche.

Comment entendre ce que je viens de dire après la multiplication des affaires dans l’Église, la crise sanitaire qui n’en finit pas et notre monde défiguré par la malveillance et le profit ? Nous avons deux solutions : soit nous perdons la foi et ne faisons plus confiance à personne, soit nous comprenons que la naissance du Christ en nous est plus qu’une jolie pensée, qu’elle est une force vivifiante et renouvelante qui est d’abord à accueillir concrètement au cœur de notre vie. Purifions l’Église en commençant par nous-mêmes. N’attendons pas la réforme des institutions, mais accordons le centre de notre vie à l’enfant qui vient.

Nous sommes tous appelés à être un peu pasteur là où nous sommes. Alors, nous pouvons adopter la dynamique de Dieu qui pourrait se résumer en trois verbes : côtoyer, fréquenter et accompagner. Côtoyer, c’est aller côte à côte avec quelqu’un, pour lutter avec lui, pour le soutenir, pour l’épauler. Fréquenter, c’est se voir souvent et à force de se voir apprendre à s’aimer. Accompagner, c’est se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui ; c’est ce que les apôtres et Jésus ont fait ensemble, en n’oubliant pas que dans le mot compagnon, il y a l’idée de partager le même pain, ce que nous ferons encore en cette eucharistie.

Irénée a utilisé une belle image aussi, c’est celle de l’accoutumance, Dieu en devenant homme a pris le temps de s’accoutumer à lui par la lenteur d’une croissance et il a laissé le temps à l’homme de s’habituer à Dieu.

Si le Verbe s’est fait chair, notre chair aujourd’hui doit devenir Verbe. Non pas une parole insipide et muette, mais une parole vivante, incarnée, qui redonne sens à notre monde, à nos Églises, à chacun d’entre nous.

Fr. Renaud Thon

Lectures de la messe :
Is 9, 1-6
Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc
Tt 2, 11-14
Lc 2, 1-14

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