Retrait et proximité

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Les lieux et l’habitat modèlent autant que les projets et les règles de vie explicites. Le site de Wavreumont n’est ni dans la montagne ni dans le désert. Il offre cependant l’écart et le retrait nécessaires au dépaysement tout en restant accessible. L’accord entre le retrait et la proximité définirait assez bien le style de notre vie au quotidien.

Si le monastère a, par certains côtés, les allures d’une maison, un cloître offre pourtant encore de quoi déambuler. Mais il n’est pas qu’un lieu de passage reliant entre elles les différents parties du monastère. Il porte en son centre un lieu vide. La plupart des monastères ou abbayes comportent en effet un vide en leur centre. Le centre du monastère n’est donc ni l’église, ni le réfectoire, mais un vide, constitué souvent d’un jardin clos, agrémenté parfois d’une fontaine, et qui reste vide de toute activité précise. Chaque fois qu’ils changent  d’activité et donc de lieu, les moines passent à côté de ce vide silencieux. Le cœur du monastère est donc inoccupé. N’est-ce pas une manière de suggérer que toute vie spirituelle suppose, au cœur même de l’existence, l’intégration du vide ? Ce vide, c’est l’Ouvert, l’ouvert du ciel comme appel.

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Notre prière liturgique, ouverte à tous, puise ses sources et sa structure dans la tradition mais se déroule principalement en français. Les frères portent la coule pour les offices mais n’ont pas d’habit spécifiquement religieux dans la vie quotidienne.

Les hôtes ont un bâtiment qui leur est spécialement affecté mais ils sont mêlés aux moines pendant les repas et les vaisselles.

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Mais le lointain et le proche s’inscrivent aussi dans les solidarités du monastère. Trois frères de Wavreumont sont pleinement investis dans un projet monastique au Pérou en lien avec l’évêque de Chosica. Cette implication en Amérique latine nous rend attentifs au sort des plus pauvres et nous conduit à ancrer l’Évangile dans leur réalité. En Belgique, les frères ne ménagent pas leurs efforts pour partager une nourriture spirituelle à ceux qui viennent à eux, et ils sont nombreux : accompagnement individuel, journées de spiritualité, journées théologiques, retraites, groupes bibliques et de lectio divina, cours d’hébreu biblique, etc.

Une maison appelée « Mambré », et située dans les environs du monastère, accueille des groupes de différents horizons (Arche de Jean Vanier, familles, groupes paroissiaux,…).

L’extrême diversité des personnes qui passent et séjournent au monastère offre une multiplicité de fenêtres ouvertes sur la réalité du monde et de la vie des hommes. Ainsi, bien qu’à distance, la communauté reste profondément solidaire du destin de ses frères et sœurs en humanité. En s’informant chaque jour, elle relativise les contrariétés de la vie commune et se sent responsable de la vie du monde et de l’Église.

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