Un style de vie

Les lieux et l'habitat modèlent autant que les projets et les règles de vie explicites. Wavreumont n'est ni dans la montagne ni dans le désert. Il offre l'écart et le retrait nécessaires au dépaysement mais reste accessible.

L'accord entre le retrait et la proximité définirait assez bien le style qui se vit ici. Si le monastère a, par certains côtés, les allures d'une maison, un cloître offre pourtant encore de quoi déambuler. La prière liturgique puise ses sources et ses structures dans la tradition mais est tout entière en français (sauf le Salve Regina). Les frères ont un habit de choeur pour les offices mais vivent le reste du temps sans vêtement particulier. Les hôtes ont un bâtiment qui leur est affecté mais sont mêlés aux moines pendant les repas et les vaisselles. Le lointain et le proche s'inscrivent encore dans les solidarités du monastère. D'un côté il y a le lien avec le Pérou et la communauté se sent désormais donnée à lui dans une alliance irrévocable (soutien à des réfectoires populaires, projet d'une fondation monastique). De l'autre, c'est l'accueil régulier des pauvres d'ici et des familles du quart-monde.

Quant au travail des frères, il s'articule d'abord sur les tâches domestiques. Un accueil régulier d'hôtes en retraite, soit en groupe soit individuelle, requiert les services divers que l'on devine.

Doté de forêts dès sa fondation, le monastère s'était consacré d'emblée aux arbres. Ce qui était un travail classique devait progressivement s'élargir en véritable soin des arbres. Latex forestier pour éloigner le gibier des jeunes pousses, mastic pour panser les plaies, sont fabriqués sur place et fournis à des grossistes qui les distribuent dans le commerce. Un "ministère écologique" qui permet en même temps à la communauté de gagner sa subsistance.

Il y a des frères artisans, comme on en trouve fréquemment chez les moines.

Enfin, l'écoute et la parole requièrent plusieurs frères dans l'animation des retraites ou l'accompagnement spirituel.

Une maison appelée "Mambré" située dans les environs du monastère accueille fréquemment des handicapés (et notamment des foyers de l'Arche). On y fait aussi de temps à autre une animation pour les enfants dont les parents sont en retraite à l'hôtellerie durant un week-end.

Un frère assume, à temps partiel, une aumônerie à la clinique de Malmédy. Un autre intervient dans un travail de groupe auprès d'alcooliques et toxicomanes.

Pour une communauté comptant une vingtaine de frères, le travail ne manque pas quand on sait que la première oeuvre pour eux est, ici comme ailleurs, celle de Dieu, à travers les offices liturgiques, l'écoute de la Parole et la prière personnelle.