paraboles

Alors que Jésus s’aventure en terre païenne, des gens lui amènent un sourd-muet. Il n’est pas dit si ces gens sont juifs ou non ! Mais voyant un homme handicapé et exclu, ils ne restent pas insensibles. Attitude peu banale car à cette époque le handicap était associé au péché, à une punition pour une faute commise ! Contrairement au prêtre et au lévite de la parabole du bon samaritain, ils s’arrêtent et amènent le sourd-muet à Jésus. Situation du passé mais toujours actuelle lorsque votre vie bascule ou que vous êtes diminué, certains vous évitent, d’autres, même inconnus, vous portent aide! Est-ce de la peur, de l’indifférence de leur part ? Est-ce le sens du devoir, de l’engagement à accomplir qui prime et leur dicte un tel aveuglement ?

Dans l’évangile de ce jour, ces gens anonymes, leur non et leurs croyances ne sont pas signalés, sont touchées par la détresse et le poids de l’exclusion de cet homme, sourd-muet. De leur propre initiative ils l’amènent à Jésus en suppliant ce dernier de lui poser la main. Pouvaient-ils espérer une guérison ? Petit coup de pouce donné à un paumé alors que ce dernier n’y croit pas ou n’y croit plus. Il semble d’ailleurs assez passif ! S’accommoderait-il de son sort ? Demande de poser un geste de la vie courante mais combien chargé de sens pour une personne exclue de tout contact humain !

Jésus le prend à l’écart de la foule. Il le sort ainsi délicatement de l’anonymat et manifeste son attention au malade. Pour lui, cet homme n’est pas « un cas » parmi d’autres! Ensuite, Jésus touche les oreilles et la langue, là où l’homme est fragilisé. Ne craignant pas de se rendre impur au contact d’un homme considéré pécheur ! Cette attitude de Jésus l’exclut de tout service au Temple. Prétexte sans doute invoqué par le prêtre et le lévite de la parabole pour passer leur chemin !

Qui est ce Jésus qui ne craint pas de se souiller pour rejoindre l’homme souffrant ? Qui est-il pour lever ensuite les yeux au ciel en soupirant comme le gémissement d’une prière adressée à Dieu ? Qui est-il pour prononcer une parole qui rend à l’homme son intégrité physique lui permettant ainsi d’intégrer la société ? Qui est cet homme qui tente d’imposer le silence et de se retirer pour ne pas attirer l’attention sur sa personne ? N’est-ce pas la façon dont Dieu rejoint et sauve l’homme exclu ?

En terminant mon homélie, je ne puis m’empêcher d’exprimer mon admiration pour tous ceux et celles qui, avec nous, participent à la table de la Parole et du Pain partagés au prix de pas mal de défis à surmonter, défis provoqués par des fragilités physiques, morales personnelles ou celles d’un proche. Merci à vous qui les accompagnez, qui les soutenez, qui leur manifestez votre attention ! Votre témoignage me touche beaucoup ! Vous appliquez ce que St Jacques disait aux membres de sa communauté lorsqu’il les invitait à être attentifs aux plus fragiles, aux plus pauvres.

Inspiré de Feu Nouveau, n° 61/5

Frère Jean Albert Dumoulin

Lectures de la messe :
Is 35, 4-7a
Ps 145 (146), 6c-7, 8-9a, 9bc-10
Jc 2, 1-5
Mc 7, 31-37

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