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Bien chers amis,

Septembre est le temps du retour au travail, de la rentrée scolaire, académique, mais aussi littéraire. Une marée de nouveaux ouvrages arrive sur les étagères des librairies et nos yeux se poseront bientôt sur certains d’entre eux:réflexions sur le monde tel qu’il va, récits, infinité d’histoires qui nous emportent loin de nous et pourtant nous interrogent en profondeur.Dans une de ses rencontres, Jésus répond à un docteur de la Loi: « Qu’y-a-t-il d’écrit ? Que lis-tu ? » Ce qui a provoqué cette réponse vient du souci d’un connaisseur de l’Écriture d’y trouver l’accès à une vie en abondance, qui dure en pérennité, se déploie et vivifie. Il sait que le jaillissement du sens ne peut venir que de la confrontation avec un interlocuteur animé du même désir.Le texte original dit plus précisément: « Comment lis-tu ? » La réponse de Jésus est déconcertante de simplicité et pourtant représente une clef de compréhension de tout chercheur de Dieu. Il s’agit de porter son attention sur ce qui a été gravé, écrit, transmis au sein d’une expérience d’alliance entre Dieu et l’homme et qui arrive entre nos mains. Mais une traversée est nécessaire:passer du quoi (qu’est-ce qui est écrit ?) au comment (comment lis-tu, comment comprends-tu, et surtout comment vas-tu l’interpréter, le vivre?). Lente transhumance où le lecteur guidé par l’Esprit est le berger d’un troupeau de lettres et de mots, cheminant jusqu’aux verts pâturages du sens, de la Parole et finalement de la rencontre avec Dieu.Le fondement et la source de l’Écriture, c’est Dieu et l’amour qu’il nous porte. Si le texte devient pour moi rencontre, je découvre alors mes actes et mes attitudes de vie comme  venant d’au-delà du verset, de la bonté même de Dieu.Bien sûr,le roman que j’achète chez mon libraire préféré n’a pas le même statut ni la même propriété que la sainte Écriture, pourtant ma façon de le lire, de me laisser interroger par lui peut me ramener à la Source, à la Présence, tel ces poissons qui, au moment voulu, quittent l’immensité du grand large et remontent fleuves et rivières pour retrouver l’endroit unique d’où ils proviennent. Il me plaît de penser que la Bible ne se clôt pas avec le canon des Écritures, mais qu’elle déborde d’une fécondité infinie dans la littérature et l’art. Mais, au fait, ce poisson migrateur ne me serait-il pas un lointain cousin ? Bonne rentrée et bonne lecture.

Frère Renaud