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Décembre 2018

Bien chers amis,

Une fois de plus, nous allons bientôt relire et réentendre les évangiles de l’enfance de Jésus, et, à l’instar des mages scrutant le ciel, nous allons chercher le scintillement d’un signe à travers les textes : un élément qui nous attire, qui nous met en question, nous invite à changer de point de vue ou à nous lever pour une nouvelle quête. Relire sans nous lasser ces mêmes récits revenant périodiquement avec les temps liturgiques n’a de sens que grâce à leur capacité d’interprétation infinie. Comme le suggère Winicott dans son étude « Jeu et réalité » : « Dans tout champ culturel, il est impossible d’être original sans s’appuyer sur la tradition et à l’inverse, il n’est personne parmi ceux qui contribuent à la culture pour simplement répéter… »

Aussi accueillir la nouveauté de Noël, ce n’est point redire le passé en se contentant de le dépoussiérer, c’est regarder l’origine en laissant surgir une expérience inédite dans notre présent pour ainsi aller à la rencontre d’un avenir, ou plus exactement de quelqu’un qui advient.

L’un des noms du Messie est « Germe », parfois traduit « Orient ». « Ainsi parle le Seigneur Sabaot : Voici l’homme ; son nom est Germe, là où il est quelque chose va germer – et il reconstruira le sanctuaire de Yhvh » (Zacharie 6,12). Fêter la naissance du Christ et entrer dans une année nouvelle avec foi, c’est tourner le dos à ce qui est mal et mort et prendre part à la germination d’un monde nouveau.

En vous présentant nos meilleurs vœux, nous vous souhaitons cette réorientation et cette fécondité.

Frère Renaud