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Octobre 2018

Bien chers amis,
Frère François et moi avons eu la chance de vivre quelques jours à Subiaco à l’occasion du chapitre général de notre congrégation. Ce lieu de naissance de la vie bénédictine, reculé et sauvage encore aujourd’hui, permet de mesurer à quel point saint Benoît était déterminé de prendre distance avec le monde pour rencontrer Dieu, pour s’enfouir en lui, non par misanthropie, mais pour se laisser travailler par la grâce.
Nous entrons souvent dans un ministère, dans une communauté, en emportant l’esprit du monde avec nous, plutôt que de consentir au temps nécessaire de purification du seul à seul avec Dieu. Et nous constatons avec tristesse que notre Église est affligée par les tourments, les divisions et la honte. Chacun de nous est touché par cette réalité et responsable d’y remédier. Pour ce faire, ne faut-il pas revenir à notre Subiaco intérieur, notre désir fondamental de la présence de Dieu ? Tout a commencé par là, et aujourd’hui, ce ne sont pas nos plans de restructuration qui sauveront nos monastères, nos paroisses et tout le navire ecclésial, mais la capacité à ce renouvellement du désir de Dieu, cette capacité à être présent.
Faut-il encore tracer une voie droite au désir général en lui donnant une intention précise à réaliser pour éviter que le vouloir ne se perde en mille impasses et pour qu’il ose s’appuyer sur la grâce ?
Que ce soit pour réformer l’Église ou transformer le monde, ne perdons pas courage, mais demandons au Seigneur de nous éclairer, de croire qu’il nous appelle à y participer et de nous avancer avec comme seule force sa Parole vivante.
Bonne rentrée à tous.

Frère Renaud