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Dans les crises successives que nous traversons, des questions essentielles se posent. Comment s’y retrouver ? Sur quelles bases orienter notre vie ?

C’est une situation un peu semblable qui est l’occasion de ce passage d’évangile : une question d’héritage. Nous savons combien cela peut miner les relations dans une famille et parfois laisser des traces douloureuses pendant longtemps. C’est peut -être ce genre de souffrance qui amène « quelqu’un au milieu de la foule » – autrement dit : attention, vous êtes tous concernés ! – Quelqu’un donc pose à Jésus la question du partage équitable. La réponse de Jésus est d’abord son refus de fournir des recettes : il n’est pas le juge ni l’arbitre. Mais il met en garde contre la dépendance vis-à-vis des biens matériels. « Gardez-vous de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède ». Puis il met en scène ce propriétaire au comportement proprement capitaliste : il projette d’investir pour avoir toujours plus – mais la vie est courte : il ne sert à rien d’amasser pour soi-même, la vraie richesse est d’être proche de Dieu.

Ce n’est pas l’attitude dédaigneuse ou pessimiste de Qohélet vis-à-vis des biens matériels. L’homme de l’assemblée ou l’homme de la synagogue – on dirait aujourd’hui l’homme d’Eglise ou peut-être le pratiquant ordinaire – est dans le mépris : « vanité des vanités, tout cela n’est que fumée… » . Non, pour Jésus, l’accent est mis sur : être riche en vue de Dieu. Dans le prolongement des psaumes : « apprends-nous la vraie mesure de nos jours, que nos cœurs pénètrent la sagesse »…

Peu de temps après son élection, le pape François écrivait dans Evangelii Gaudium : « L’argent doit servir et non pas gouverner. Le pape aime tout le monde, riches et pauvres, mais il a le devoir de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter et les promouvoir. Je vous exhorte à la solidarité désintéressée et à une éthique de l’économie et de la finance en faveur de l’être humain ».

Il reste sans aucun doute beaucoup de chemin à parcourir pour répondre à ce désir du pape…Pourtant, il y a plus de vingt siècles, l’apôtre Paul écrivait déjà aux premiers chrétiens : « Puisque vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en-haut, faites mourir en vous les désirs mauvais et cette soif de posséder qui est une idolâtrie… Vous vous êtes débarrassés de l’homme ancien qui était en vous et de ses façons d’agir, et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau, qui se renouvelle sans cesse pour se conformer à l’image de son Créateur »

Voici donc le moment de nous laisser débarrasser encore de l’homme ancien, de rechercher les réalités d’en-haut, de nous laisser renouveler par l’Esprit-Saint et de nous conformer à l’image du Créateur. « Heureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux » avons-nous chanté juste avant l’évangile. Voilà la boussole pour orienter notre vie. Il nous est précieux que Charlotte nous le rappelle en demandant de confirmer son Baptême. Elle trouve en Dieu et dans ses paroles dans la Bible une chance et un réconfort. Sa démarche rajeunit et rafraîchit notre foi et notre espérance. Nous lui en sommes reconnaissants et nous l’assurons de notre prière fraternelle.

Abbé René Rouschop

Lectures de la messe :
Qo 1, 2 ; 2, 21-23
Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc
Col 3, 1-5.9-11
Lc 12, 13-21

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