Au fil des jours : avril-mai-juin 2021

Avril

En avril, Nikita Stampa vient nous parler de son travail à la commission européenne, axé sur le spirituel. Cette orientation professionnelle trouve sa source dans son pèlerinage à pied vers Jérusalem : en traversant les pays du vieux continent, il découvrait en direct le désenchantement des gens qu’il rencontrait à propos de l’Europe. D’où est née en lui cette question : comment redonner du souffle, du sens et de la spiritualité dans cette grande aventure commencée au sortir de la seconde guerre mondiale ? Concrètement, il propose aux fonctionnaires européens des marches basées sur l’écoute, la redécouverte des valeurs profondes : retrouver la place du cœur, l’importance des temps d’arrêt, la nature, la beauté ; transcender les conflits et les paradoxes ; chercher à forger un leadership au service du lien et de la communauté.

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Un immense merci à Pierre et Brigitte Boland, ainsi qu’à Raymond Caucheteux, pour la diffusion des messes dominicales par Zoom pendant le confinement.

Olivier Philippart passe trois mois avec nous et fait découvrir à la communauté le projet de la Relève dans sa méthode et ses propositions aux personnes : comprendre le métier d’homme avec ses grandes étapes, analyser des dessins animés, recevoir les ressources des grandes traditions, etc…

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Frère Jean-Baptiste récupère bien après une opération à la hanche.

Frère Étienne participe à une série d’émissions sur RCF à propos du dialogue inter-religieux avec Dina Korn de la communauté juive de Liège.

Mai

Au mois de mai, quatre frères sont atteints par la Covid, nous vivons donc une quarantaine de trois semaines. Pendant cette période inédite, nous avons fait l’expérience d’une solidarité active et d’une charité vivante qui ne se situaient pas au niveau du discours, mais dans les faits. « Petits enfants, n’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes véritablement. À cela nous saurons que nous sommes de la Vérité » (1Jn 3, 18-19). Nous découvrons à nouveau que c’est le lien nous unissant dans le Christ qui est notre véritable trésor. Il nous invite à profiter des circonstances pour réveiller notre foi et prendre soin de notre communion fraternelle.

De mon côté, dans ma cellule, je me disais que vivre une quarantaine, c’est comme faire face à une panne générale d’électricité. Il faut d’abord réaliser ce qui se passe, s’habituer à l’obscurité, chercher à tâtons les gestes et les objets qui permettront à la vie de se maintenir. Extinction inattendue des feux et recherche d’un retour à la lumière. Mais d’abord tout s’éteint avec la tentation de quelques pensées égotiques. Je pensais être indispensable pour telle ou telle chose et je constate que la vie s’organise simplement sans moi. Obscurité qui est en fait une lumière. Serviteur inutile appelé à devenir ami. Je croyais étaler un programme de lectures sur plusieurs années, prévoir des activités, baliser des étapes, et me voici dans l’incertitude la plus complète. Je me souviens de cet homme de l’évangile qui avait rénové ses greniers et les avait bien remplis, espérant jouir de jours heureux. Et le soir même, on lui réclame sa vie. Les illusions sur soi s’éteignent, mais cela est aussi une lumière.

Au mont Athos, il paraît que, « de tous les offices de la vie monastique, les plus joyeux, les plus beaux sont ceux de la tonsure et des funérailles. L’un ouvre le chemin terrestre du moine, l’autre le clôt. Lorsque le novice prend l’habit monastique, il allume un cierge pendant la cérémonie. Ce cierge est ensuite éteint, et il ne sera rallumé que le jour de ses funérailles. Ainsi la vie qui passe n’est qu’un bref intervalle entre ces deux offices. Le labeur du moine est simplement de vivre cette vie pleinement, jusque dans les moindres détails du quotidien. » Étrange obscurité entre les deux célébrations, mais elle n’est qu’apparente, car c’est au-dedans qu’est la lumière, comme la flamme qui danse, la nuit, devant le visage d’une icône, porte à l’intériorité. Et c’est vrai, si l’importance de mon être n’est pas dans ce que je fais, ni dans ce que je sais, ni dans ce que je crois avoir, alors la seule lumière est l’intimité de mon cœur avec le Christ.

Un moine exhortait ainsi ses frères : « Laissez vos passions, oubliez votre moi, votre vieil homme, sortez de vous-mêmes, et entrez dans la présence de Dieu ; respirez cette atmosphère divine et c’est alors que vous pourrez prier. Ouvrez votre cœur et recevez la lumière de Dieu sans vous préoccuper de ce que le péché fait en vous. » Relation personnelle et unique avec Dieu. Oubli des préoccupations de nos intérêts centrés sur nous. Libération. Une maladie ou une épreuve peut révéler, rappeler cela. Soyons attentifs à chacun de ses appels.

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Le Seigneur nous demande une foi simple, innocente et joyeuse pour refléter la bonté de Dieu aujourd’hui.

Simple : pas une foi à tiroirs, intellectuelle, morale, mystique … mais une foi unifiée. Une foi où les mots de la Tradition correspondent à une expérience personnelle intérieure. Par exemple, dans l’homélie de frère Bernard à l’Ascension : l’expérience que ma vie ne descend pas inexorablement vers la déchéance et la destruction, mais qu’elle monte vers sa réalisation dans l’amour, dans la rencontre de Dieu. « Le moine n’étudie pas les dogmes, il les vit. Lorsqu’il médite l’Écriture sainte ou les écrits des Pères, il ne cherche pas à acquérir une connaissance, mais il apprend la grammaire de la langue aux sons ineffables dans laquelle Dieu va lui parler dans la prière. »

Une foi innocente : ce qui ne veut pas dire niaise, mais plutôt une foi qui accueille avec la confiance de l’enfant parce que notre Dieu est le bon Dieu. Une foi qui renonce au scepticisme, au cynisme, au relativisme et cherche la ferveur de la spontanéité des premiers âges de la vie. Je rappelle ici le fil rouge évoqué par frère Étienne dans les Actes : la force de la Parole ne peut être enfermée dans aucune prison, aucun cachot. Quel lieu d’enfermement dois-je encore quitter pour que la Parole se déploie en moi ?

Et enfin une foi joyeuse : parce que la joie est la marque de l’Esprit Saint. Elle est vie habitée par la présence de Dieu.

Frère Guido passe quelque temps avec nous et se remet doucement mais sûrement de ses problèmes de santé.

Juin

Stan Vanuytrecht entre au postulat le jour de la sainte Trinité.

Le 9 juin, nous ouvrons à nouveau l’hôtellerie.

Le 12 juin, nous accueillons l’oblature ou plus exactement une douzaine de ses membres.

Le 13 juin, frère Pacôme participe à la liturgie dominicale de la paroisse orthodoxe russe du Laveu à Liège.

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Le 18 juin, nous redécouvrons la joie des week-ends communautaires.