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Il y a une belle cohérence dans la Parole que le Seigneur nous adresse aujourd’hui. Elle peut éclairer certaines questions d’actualité ; elle doit inspirer notre prière et notre action.

Nous avons d’abord entendu les cris de la souffrance humaine : le pauvre Job et ses plaintes dans ses journées de manoeuvre qui attend sa paye. Il se tourne vers Dieu : souviens-toi, Seigneur, ma vie n’est qu’un souffle, je ne vois plus le bonheur …

Nous y retrouvons l’inquiétude de tant de personnes qui quittent leur pays parce qu’ils ne peuvent plus y voir le bonheur, la plainte de ceux et celles qui attendent leur paye en vain parce qu’ils perdent leur emploi, l’angoisse des malades envahis de cauchemars dans leur nuits de souffrance…

Et puis, parce que Job dans son désarroi se tourne vers le Seigneur, la liturgie nous propose un des psaumes de louange qui forment le bouquet final du Livre des psaumes : Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures – c’est déjà, en pointillé et en contrepoint, la réponse à la plainte et au cri de détresse. Le Seigneur élève les humbles.

L’Evangile justement nous montre le Seigneur qui fait lever la belle-mère de Pierre atteinte de la fièvre. Elle pratique l’hospitalité : elle accueille chez elle son gendre et ses amis ; dès qu’elle est relevée, elle se met à les servir, puis ça continue après le coucher du soleil… Le sabbat est terminé, on peut se remettre en mouvement et c’est l’afflux de la ville entière, écrit St Marc – qui n’est pas à une exagération près, mais c’est intentionnellement ; il y a ici un avant-goût de la mission universelle du Christ, et à sa suite de l’Eglise : guérir l’humanité entière de ses maux.

Il manque encore un élément pour que le tableau soit complet. A l’instar de Job, et de manière très nette, Jésus se tourne vers Dieu. Bien avant l’aube, il se lève et se rend dans un endroit désert pour prier. On se demande où il est. Tout le monde te cherche…

N’y a-t-il pas dans notre monde une attente et même une recherche d’un Sauveur ? Certes, elle est rarement exprimée ouvertement, elle est souvent sous-jacente aux mouvements vers un mieux-être, une aspiration à mieux vivre ensemble, finalement à un absolu que beaucoup ne veulent plus chercher dans les religions parce qu’ils en sont déçus – mais en fin de compte, l’aspiration au bonheur, c’est en Dieu qu’elle trouvera son accomplissement. Et c’est bien cela la mission de Jésus. Allons ailleurs, afin que là aussi je proclame l’évangile, car c’est pour cela que je suis sorti. La Bonne Nouvelle pour tous. C’est la raison de l’incarnation – pour parler le jargon chrétien. Si Dieu s’est fait homme, si le Verbe s’est fait chair, c’est pour le bonheur de l’humanité. Et pour une juste connaissance de Dieu, qui n’a d’autre désir que notre bonheur…

Il faut le dire, il faut le répéter, et il faut le faire. Il proclamait l’évangile dans leurs synagogues et expulsait les démons. Annoncer la Bonne Nouvelle et chasser le Mal. Une nécessité, écrira St Paul. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile… sans rechercher aucun avantage matériel…libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre…pour en sauver à tout prix quelques-uns.

Ne nous inquiétons donc pas si les églises dans nos pays ne rassemblent apparemment que quelques-uns. Soyons surtout attentifs à être porteurs de bonne nouvelle dans nos paroles et dans nos actes.

Si je peux conclure brièvement en trois points :

  1. Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures.
  2. N’ayons pas peur de nous rendre dans un endroit désert, une chapelle vide, un coin secret de la maison…et là, comme Job et comme Jésus, prions le Père qui voit dans le secret
  3. Faisons tout ce qui est possible autour de nous afin que, comme la belle-mère de Pierre, des gens se remettent debout.

Abbé René Rouschop

Lectures de la messe :
Jb 7, 1-4.6-7
Ps 146 (147a), 1.3, 4-5, 6-7
1 Co 9, 16-19.22-23
Mc 1, 29-39

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