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Que ma parole soit acceptable devant toi, Seigneur.

Chères sœurs et frères, bonjour.

Imaginez un instant que demain vous deviez prendre l’avion pour New-York. Vous avez le choix entre deux avions : pour entrer dans le premier avion, vous devez passer des contrôles stricts de sécurité jusqu’à révéler les informations figurant sur votre ordinateur portable, votre GSM ou votre tablette. Pour le deuxième avion, vous pouvez y pénétrer sans problème et sans contrôle. Quel avion allez-vous choisir ? La plupart d’entre nous auront peut-être tendance à choisir le premier avion car souvent nous cherchons la sécurité avant la liberté.

Tournons-nous maintenant vers nos textes de ce jour.

Dans nos lectures précédentes, la vigne était le champ du travail du Seigneur, aujourd’hui, avec la parabole, nous nous trouvons au milieu de vignerons qui ne s’entendent pas. Leurs relations sont en crise. L’un veut dominer l’autre.

En effet, nous vivons dans un monde qui est bien souvent rempli de concurrence et d’envie. Trop fréquemment, nous semblons nous jeter les uns sur les autres, nous piétiner dans nos efforts pour atteindre le sommet, pour découvrir que ce que nous cherchons ne s’y trouve quand même pas.

« Enfin, le propriétaire a envoyé son fils. « Ils respecteront mon fils », dit-il. Mais quand les locataires ont vu le fils, ils se sont dit : « Voici l’héritier. Venez, tuons-le et prenons son héritage. » Jésus nous rappelle :« Quand [le Saint-Esprit] viendra, il condamnera le monde de la culpabilité à l’égard du péché… Parce que les hommes ne croient pas en moi ». (Jn 6, 8-9)

Ainsi, le Christ ne semble-t-il pas nous dire que notre vie est souvent aussi distraite par des conflits jusqu’à nier son existence. En même temps, le Seigneur nous laisse libre de choisir nos relations. Il est heureux du fruit de sa vigne et rend toujours grâce pour notre don.

Nous venons de relire en première lecture le chant de la vigne d’Isaïe (Is 5, 2). La vigne n’est-elle pas notre maison et n’avons-nous pas le choix de porter du fruit en abondance au nom du Seigneur ? Alors, ce matin, j’aimerais avec vous explorer trois pistes : 1) le champ de notre mission ; 2) la consolation et 3) l’abandon au Seigneur.

La première piste : Le Seigneur Dieu nous a donné la vie, il nous l’a en fait prêtée. Et il nous a donné un champ de mission, quel qu’il soit, afin que nous puissions y travailler pour produire son fruit. Nous sommes, par exemple, invités à enseigner la parole de Dieu, à partager l’Évangile et à produire des disciples, en particulier parmi les jeunes de nos écoles ou de nos lieux de travail, et partout ailleurs. « Allez faire des disciples… apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai commandé » écrit Matthieu. (Mt 28, 18-20) En quelque sorte, nous portons des responsabilités dans la vigne d’aujourd’hui. Que Dieu bénisse notre ministère pour produire du fruit dans nos propres vies et dans la vie des autres, dans les rues et dans chaque lieu où nous sommes appelés à servir.

La deuxième piste : Soyons aussi consolation l’un pour l’autre. Sachons-nous en sécurité dans l’amour infini du Seigneur comme une maman qui veut être une « consolation » pour son enfant qui court dans ses bras en pleurant de chagrin ou de douleur. La tempête va bientôt passer et le tout-petit va retourner jouer avec plaisir ! Alors, la crise peut être source de nouvelle vie et de fécondité si nous y travaillons et y croyons vraiment.

Enfin la troisième piste : quand je n’y arrive pas tout seul, je peux encore me tourner vers le Seigneur en disant avec les mots du psalmiste : « Tends l’oreille, Seigneur, réponds-moi, pauvre et malheureux que je suis, garde mon âme, je suis ton ami, sauve ton serviteur qui compte sur toi. » (Ps 86).

Enfin, je me souviens : quel avion vais-je prendre maintenant, celui de la sécurité ou celui de la liberté ?

Birte-Marianne Day

Lectures de la messe :
Is 5, 1-7
Ps 79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20Ph 4, 6-9
Mt 21, 33-43

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