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Création de Frère Beto

« Maître que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? »

Jésus écoute la question, Luc parle d’un docteur de la loi qui la lui pose, je pense qu’on pourrait plus justement parler d’un sage que Jésus rencontre et qu’il renvoie à sa propre expérience.

Oui, Jésus rejoint ce sage sur son terrain en lui demandant : « Qu’est-ce qu’il est écrit dans la loi? » Et lui de réciter les articles essentiels: « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et le prochain comme toi-même. » Jésus lui dit qu’il avait bien répondu, qu’il connaissait bien sa leçon. Mais en récitant les articles, cet homme d’expérience s’est rendu compte qu’il ne comprenait pas le dernier précepte et demanda à Jésus: « qui donc est mon prochain ? ».

À cette question très humaine, Jésus répondit lui-même en image avec la parabole du bon Samaritain. Celui-ci qui fut saisi de pitié devant un blessé laissé à moitié mort, était un étranger, quelqu’un qui a dû souvent faire l’expérience du rejet de la société.

Si le blessé était à moitié mort, c’est donc qu’il était aussi à moitié vivant. Et je crois que la pointe de la parabole se trouve dans la rencontre et la reconnaissance du vivant. Comment donner ou rendre la vie à mon prochain? Le Samaritain a d’abord reconnu la vie dans le blessé, comme, rappelez-vous le vigneron avait aussi cru dans la vie du figuier que le propriétaire considérait comme mort.

Non seulement Le Samaritain n’a pas compté son temps, mais il n’a pas non plus calculé ses efforts et son argent pour soigner le blessé.

Il est étonnant de constater que ce n’est ni le prêtre, ni le lévite dont le métier était pourtant d’accueillir le plus faible qui s’est arrêté, c’est au contraire un étranger, qui est allé spontanément vers le blessé.

Et par la parabole, Jésus nous montre que chacun de nous est capable de s’ouvrir et d’accueillir.

Notre prochain n’est pas seulement quelqu’un d’autre devant qui nous sommes appelés, c’est aussi nous-mêmes. Dieu nous invite à aller revisiter des lieux en nous, moins souvent explorés ; pour y arriver, il convient de prendre l’escalier en colimaçon pour descendre dans nos caves intérieures et rejoindre notre vie au cœur. Vous allez me dire que nos caves ne sont pas les premières pièces où nous nous rendons en priorité, mais l’escalier monte aussi au grenier où nous pouvons retrouver des trésors cachés depuis des années et qui attendent de retrouver une nouvelle vie…

Hier soir en sortant de l’office, Dania bondit sur moi pour m’ouvrir la porte et facilité mon chemin. Non, nous ne devons rien faire pour avoir la vie, c’est elle qui vient nous trouver et nous libérer pour avancer.

Ayons un regard de vie sur nous-mêmes, gardons un regard vivant sur les autres et sur Dieu.

En nous partageant son corps et son sang que nous allons bientôt recevoir, Dieu veut prendre soin de nous. Au fond, Aimer, n’est-ce pas prendre soin les uns des autres ?  Je le crois.

Je terminerais en vous partageant une réflexion qu’un prélat romain a émise devant la communauté de l’Arche reçue au Vatican.

Il leur dit que Jean Vanier a opéré une révolution copernicienne. Avant lui, il fallait faire du bien aux pauvres et après lui, ce sont les pauvres qui nous font du bien …

Fr. Pierre Gabriel

Lectures de la messe :
Dt 30, 10-14
Ps 68, 14, 17, 30-31, 33-34, 36ab.37
Col 1, 15-20
Lc 10, 25-37

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