30 septembre 2026
Bien chers amis,
Vous n’êtes pas sans vous rappeler le pèlerinage pour la paix mené par Nikita et Catherine Stampa en direction de Sarajevo. Les premiers pas de cette aventure spirituelle et physique foulèrent la terre de Wavreumont pour atteindre quelques jours plus tard l’abbaye d’Orval.
Une centaine de personnes a participé à cette caravane d’espérance. Après quatre mois de marche, nos amis sont arrivés à destination, riches d’une multitude de rencontres, d’événements au sens fort de « parole », de la conviction de la providence divine et de la bonté fondamentale de l’être humain. Un tel résultat vaut le déplacement et représente un témoignage de vie pour notre monde déprimé et tourmenté.
La force de l’action touche les cœurs plus que les opinions et que les discours. Action de marcher, de chanter, de rencontrer, cette action inscrit l’évangile dans la vie concrète. Je retiens deux exemples racontés à la communauté. En Bosnie, un homme voit passer devant chez lui le groupe de nos pèlerins. Un appel intérieur le bouleverse ; il emboîte le pas à nos amis, abandonne sa maison et marche jusqu’à Sarajevo. Il a tout quitté pour se mettre à la suite… En Allemagne, une paroisse est tellement émue de l’entreprise pacifique arrivée jusqu’à eux, qu’ils préparent un bivouac à nos amis, les conduisent au club de foot pour prendre une douche, puis une famille apporte des petits pains, une autre l’imite sans concertation, d’autres encore amènent du vin blanc du pays, tant et si bien que Nikita avoue avoir revécu ce jour-là le miracle de la multiplication des pains et les noces de Cana.
Par ailleurs, au chapitre général de notre congrégation à Tyniec, en Pologne, où nous avons réélu notre abbé président, Maksymilian Nawara, l’archevêque de Cracovie, G. Riz, nous rappelait l’incroyable force que représenta le mouvement Solidarnosc dans les années 80. Quand une multitude de personnes décide de porter les fardeaux les uns des autres, ce qu’on croyait impossible peut advenir.
Dans notre contexte actuel, si nous pouvions retrouver cette confiance en la beauté de l’humanité, peut-être ne serait-il pas trop tard pour lâcher les armes et encore se tendre les mains.
Bonne rentrée à toutes et tous.
Frère Renaud
