03052026

Les deux premières lectures de ce dimanche nous invitent à construire l’Église et à édifier nos communautés chrétiennes. Nous y sommes appelés, non seulement en y apportant notre travail et notre aide mais en étant nous-mêmes les pierres vivantes d’une construction dont le Christ est la pierre d’angle. La première lecture comme la lettre de Pierre soulignent l’importance d’une construction solide, d’une Église bien organisée et harmonieuse, de façon à maintenir la charité et l’unité. Nous le voyons avec l’institution des diacres à qui sont confiés le soin des services internes à la communauté, pour permettre aux apôtres de se consacrer avec plus de liberté à la prière et à l’annonce de l’évangile.

Jésus-Christ est la pierre d’angle de l’édifice mais en même temps il nous dit qu’il est le chemin et que nous sommes des pèlerins en route avec lui vers la vie en plénitude. Avec lui nous allons sur un chemin de résurrection vers le Père. Construire et marcher ! Deux activités, deux vocations qui ne se contredisent pas mais se complètent. Plus ferme, solidaire et harmonieuse sera la construction de l’Église, plus elle pourra indiquer avec clarté et audace le chemin de l’évangile et poursuivre la mission qui lui est confiée.

Il n’empêche, la perspective du départ de Jésus suscite de l’angoisse chez les disciples. Aussi, le Seigneur s’efforce de les consoler en leur disant que son départ signifiera une communion plus intime entre eux et Lui. Jésus rassure et encourage ses apôtres avec des mots simples et des images familières. Il parle de la maison du Père. Pour parler du ciel et des réalités ultimes, il n’utilise pas des définitions savantes et compliquées. Jésus parle de ces choses comme d’une réalité très proche, déjà présente dans notre existence, avec la double promesse qu’il leur fait : « Je pars vous préparer une place et je reviendrai vous prendre avec moi ». Et puis : « Ne vous inquiétez pas : dans la maison de mon Père, il y a de la place pour tous. »

Oui, chacun, chacune a une place spéciale dans le cœur du Père. Il y a une diversité immense de vocations et de manières de vivre l’évangile. Pourtant, il n’y a qu’un seul chemin : Jésus-Christ. La foi en Lui est l’unique chose qu’il nous demande : « croyez en moi ». Croyez c’est-à-dire : donne-moi ta confiance, mets ta confiance en moi, même si les nouvelles du monde apportent chaque jour des raisons de s’inquiéter.

Et puis, il y a cette parole surprenante de Jésus : « Celui qui croit en moi, fera lui aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes ». C’est d’autant plus surprenant que d’autre part Jésus nous dit : « sans moi vous ne pouvez rien faire ». Comment comprendre cela ? De quelles œuvres s’agit-il ? Cela ne signifie pas nécessairement réaliser des miracles. L’œuvre fondamentale de celui qui croit consiste à témoigner de l’évangile par sa vie. Elle consiste à poursuivre la proclamation de la bonne nouvelle commencée par Jésus mais qu’il n’a fait que d’une manière limitée à un petit groupe en Palestine. Ses disciples au contraire sont partis jusqu’aux confins du monde. Ils ont fait des choses que Jésus n’a pu faire. Mais ils les ont faites « en son nom », sans être séparés de lui. A travers eux c’est Jésus qui continuait à agir.

Nous aussi nous pouvons réaliser des œuvres merveilleuses dans la mesure où nous sommes unis au Christ et qu’il puisse agir à travers nous. En ces jours, ce qui nous est demandé c’est de vivre intensément le temps pascal pour pouvoir accueillir le souffle de l’Esprit-Saint, de façon à permettre au Seigneur de continuer son œuvre à travers nos communautés.

Nous aussi, le Seigneur nous envoie en mission. Le pape François aimait rappeler que tous nous sommes appelés à participer à la vie de l’Église et à sa mission. Et je pense à un Père Abbé qui n’hésitait pas à écrire à ses frères : Nous ne devons pas nous sentir stériles et inutiles si nous n’avons pas de vocations ou si nous devons fermer un monastère. Nous devons nous sentir stériles et inutiles si nous vivons notre vocation sans nous préoccuper de la mission de toute l’Église, si nous vivons sans être habités par une passion pour l’ensemble de l’humanité.

Il est vrai que vivre avec cette conscience missionnaire peut rendre la vie grande et belle. Le Seigneur nous a confié la lumière de sa Parole pour que celle-ci continue à se répandre. Alors, essayons, frères et sœurs, de considérer cette semaine qui commence comme un envoi en mission là où nous vivons. Chaque matin, demandons au Seigneur : qu’est-ce que tu attends de moi ? A qui m’envoies-tu ?

Cette mission nous la découvrirons dans le silence de la prière, en nous rendant disponibles et ouverts à l’inspiration de l’Esprit-Saint. Et dans l’eucharistie nous trouverons alors la force pour accomplir la mission qui est confiée à chacun et à chacune d’entre nous.

frère Bernard de Briey, o.s.b.

Lectures : Ac 6, 1-7 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12

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