08032026

À partir de ce 3e dimanche de carême A, les lectures sont liées au parcours de l’Initiation chrétienne. Aujourd’hui se célèbre le premier des trois scrutins avec la rencontre de Jésus et la Samaritaine.

Les « scrutins », drôle de mot, accompagnés d’exorcisme. Quelle affaire ! Oui une très belle affaire. Ne dit-on pas dans la Bible que Dieu scrute les cœurs et les reins ? N’allez pas imaginer Dieu comme un super Longtarin posté près d’un panneau de stationnement interdit avec son carnet de PV à la main ! Non, le rituel (RICA) précise qu’ils servent à guérir et fortifier. C’est aussi ce que nous sommes appelés à vivre en carême : scruter notre vie, oser voir ce qui ne va pas, oser la conversion. Le mal en nous est source de mort. Dieu veut toujours la vie, il donne sa Vie à ceux qui l’accueillent. « Appelle ton mari » dit Jésus à la Samaritaine. Pan dans le mille, il met le doigt où ça fait mal ! Non pour blesser mais pour guérir, apporter la vie à quelqu’un qui avait emprunté un chemin de mort. Voilà quel est notre Dieu, il est Amour et source de vie.

Des textes foisonnants de ce jour, je retiendrai comme fil conducteur la soif. Le peuple au désert a souffert de la soif. Dieu leur donne à boire grâce au rocher frappé par Moïse ! S. Paul dira plus tard que ce Rocher, c’est le Christ (1 Co 10, 4). L’eau du Rocher préfigure le baptême. Mais il faut la foi pour frapper un rocher afin de recevoir de l’eau…

Voici que Jésus, fatigué, demande à une Samaritaine : « Donne-moi à boire ». Surprise de la femme car Jésus avait trois bonnes raisons pour ne pas lui adresser la parole : c’est une femme, une samaritaine et elle sait bien que sa vie n’est pas très en ordre ! Jésus semble ne pas répondre à sa question, mais il la conduit plus loin. « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : « Donne-moi à boire », c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Jésus commence à se révéler. Comme souvent en saint Jean, il y a un quiproquo. Jésus renforce l’énigme. Il ne parle pas de l’eau du puits, car elle n’étanche pas définitivement la soif, mais il affirme « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Quelle promesse ! Et elle nous est encore adressée, aujourd’hui. La femme en reste au côté pratique : avec cette eau, elle ne devra plus venir puiser en plein midi pour éviter les autres femmes et leurs critiques sur sa vie tumultueuse ! Et c’est à ce moment-là que Jésus lance son interpellation choc : « Appelle ton mari ». C’est un retournement pour la femme. Elle avoue simplement la vérité et Jésus l’en félicite. Il lui montre qu’il connaît son parcours. Alors, la femme le prend pour un prophète et lui pose une question touchant à la religion. Elle sait que le Messie doit venir éclaircir tout cela. Jésus affirme solennellement : « Je le suis, moi qui te parle. » C’est plus que répondre à la question du messie. Jésus ne dit pas simplement : c’est moi. Mais « Je Suis ». Pour la compréhension du texte, on a ajouté un « le », mais il s’agit en réalité du Nom divin, une allusion nette à la révélation de Dieu au buisson ardent. Jésus est non seulement le Messie, il est Dieu. Vous comprenez qu’il est important pour les catéchumènes d’entendre cet évangile avant leur baptême.

Alors la femme a une réaction qui peut sembler étonnante : elle part en laissant sa cruche ! Quelle cruche, elle oublie ce pourquoi elle est venue !? Non, elle n’est pas distraite, elle a reçu l’eau vive, elle croit ! Elle croit ce que Jésus a dit. Sa soif est apaisée. La préface que nous prierons tout à l’heure dit ceci : « Quand il demandait à la Samaritaine de lui donner à boire, [le Christ] lui faisait déjà le don de la foi ; de cette foi, il manifesta une telle soif qu’il fit naître en elle le feu de l’amour de Dieu ». La soif des deux est apaisée. Romanos le Mélode a écrit « elle sortit portant sa cruche, elle revint portant Dieu » !

Elle porte si bien Dieu que les samaritains de la ville viennent à Jésus, l’invitent et se convertissent. La foi se répand. « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu (importance de l’Écoute de la Parole, nous l’avons entendu de la bouche de Dieu dimanche passé avec le récit de la Transfiguration), et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Si nous avons soif de Dieu, il nous donne l’eau vive. Pour cela, il nous faut croire en sa parole, écouter Jésus qui se révèle peu à peu. Il nous est bon, en communion avec les catéchumènes, d’entendre ces grands évangiles et de profiter de ce carême pour revivifier notre propre baptême et en rendre grâce.

sœur Annick

Lectures : Ex 17, 3-7 ; Rm 5, 1-2.5-8 ; Jn 4, 5-42

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