30082026

La Parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie, se plaignait déjà le prophète Jérémie – à l’origine de notre mot de vocabulaire « jérémiade »… Allons-nous lui emboîter le pas en nous plaignant de notre société, indifférente sinon hostile à l’égard de la religion ? Nous ne sommes pas encore insultés ou moqués parce que nous allons à la messe le dimanche, mais il s’en faut parfois de peu, notamment dans le milieu des jeunes… Ne prenez pas pour modèle le monde présent, ajoute St Paul, mais renouvelez votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire.

Voilà bien la question : plaire à Dieu, ou plaire aux hommes ?

Seigneur, tu m’as séduit, s’écrie le prophète, la parole du Seigneur était comme un feu brûlant dans mon cœur. Donner la priorité à la parole de Dieu, lui permettre de diriger notre cœur et nos actes, voilà le choix de vie proposé à tout croyant. Cela ne veut pas dire qu’il faut connaître toute la Bible pour être un bon chrétien – bien que ce ne soit pas inutile…- mais c’est d’abord mettre simplement en pratique le vieux mot d’ordre « Dieu premier servi ». Qu’est-ce que Dieu attend de moi dans telle situation ? La réponse à cette question n’est pas toujours évidente mais il convient de réfléchir avant d’agir et de se tourner vers le Seigneur dans la prière. Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi : cette très ancienne prière du psaume n’a rien perdu de son actualité et ce n’est pas sans raison que les psaumes rythment la vie des moines et des chrétiens qui les rejoignent. Cette prière biblique forge de manière progressive une façon de penser – et, on peut l’espérer, d’agir…- qui s’inspire et s’ajuste à l’Ecriture Sainte. Alors peut-être évitera t’on le reproche adressé à Pierre : tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes…

Car il s’agit pour le vrai disciple de mettre en pratique les pensées de Dieu et de marcher à la suite de Jésus.  Or sur le chemin de Jésus il y a la croix : si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Spontanément, nous n’aimons pas renoncer. « Perdre ce qu’on aime rend triste, disait St Augustin dans un de ses sermons. Mais regarde le cultivateur. Ne perd-il pas ce qu’il sème ? Il prend la semence, il la répand, il la jette, il la recouvre de terre. Pourquoi t’étonner ? Cet homme qui ne semble faire aucun cas de son grain, qui le sacrifie, est en fait un moissonneur avide… La joie du moissonneur explique la conduite du semeur. Il est donc vrai de dire : celui qui aime sa vie la perd. Veux-tu la voir porter du fruit ? Sème-la ! »

Semer la vie : n’est-ce pas une belle image de ce à quoi le Seigneur nous appelle ? Les parents qui appellent une famille nombreuse à la vie savent mieux que moi les efforts et les renoncements que cela implique, mais ils connaissent aussi la joie du don qui se multiplie.

Renoncer aux possessions et aux richesses, renoncer au pouvoir et à la gloire, cela peut sembler contraire aux tendances actuelles de ceux qui veulent diriger le monde… Mais le seul vrai Dieu n’est pas le Dieu de l’argent et du succès. Et comme Jésus le dit en conclusion : il rendra à chacun selon sa conduite.

abbé René Rouschop

Lectures : Jr 20, 7-9 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27

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